18 février 2012

Chanson buissonnière


Hier soir Du Bartàs était au chai de Capendu. In english: last night bushmen were in the cellar of the hanging dog (traduction automatique gougueule). En "sortie de résidence" - comme c'est écrit sur les panneaux des beaux quartiers. Non sans déconner, Du Bartàs, bien sûr cela reste entre nous, est un peu le groupe chouchou de l'Echo des Mattes. Il faut dire que les ai connus tout-petits, à deux, à trois, à cinq, et que je les ai souvent capturés dans mes boîtes à images avec une affectueuse admiration. Laurent Cavalié, le capitaine bartassièr, assure toujours avec une clairvoyance, une précision et une inventivité inépuisable des compositions et arrangements musicaux tout aussi efficaces que savoureux. Après les influences du nordeste brésilien, les suaves tonalités arabo-andalouses colorent la musique de leurs nouvelles créations. Comme ça la musique occitane renoue avec ses filiations intimes et ses cousinages historiques et ça lui va super bien.  Vous avez tant aimé leur disque Fraternitat et vous adorez déjà leur dernier opus Es contra ta pèl ? (voir colonne de droite) Alors réjouissez-vous brave monde: ce que ces cinq garçons vous préparent pour bientôt vous ravira tout autant. Quoi, vous là-bas, oui vous, vous ne connaissez pas DuBartàs? Eh bien allez vite écouter et  télécharger quelques morceaux sur iTunes, vous m'en direz des nouvelles!

Un morceau de la répétition publique offerte par le groupe à sa sortie de résidence
Voir la deuxième video en cliquant ici

29 janvier 2012

Jaurès, le combat inachevé

Jean Jaurès à Ferrals
Si pour vous Jean Jaurès c'est juste un nom de boulevard, je vous conseille vivement de voir "le Grand Jaurès" par la troupe l'Histoire en Spectacles. Vous saurez tout ou presque sur la vie de cet homme politique hors du commun qui, avant d'être assassiné et de finir dans un cendrier du Panthéon, a animé la vie politique régionale et nationale avec une intelligence, un courage et une générosité qui font encore référence, parce que probablement toujours inégalés. En voyant cette pièce brillamment écrite et mise en scène par Yannick Séguier on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec la situation politique actuelle. Et de se dire aussi que si l'histoire est un éternel recommencement, l'engagement, la sincérité et l'humanisme deviennent des vertus politiques en voie de raréfaction. Bref… un petit chef d'œuvre de culture populaire avec toute une kyrielle de comédiens plus ou moins chevronnés mais qui mettent tout leur cœur au service de ce spectacle agréable et instructif. Merci également aux maires de Ferrals et de Fabrezan qui ont eu conjointement la bonne idée de l'accueillir

On y voit même un haltérophile...
video
... et Jaurès lui-même qui chante le "se canta" en occitan

8 janvier 2012

Rambalh hivernal

Rambalh vient de l'occitan rambalh qui a donné grand bal en français, ramblas en catalan, crumble en britannique et rambo en américain. En l'occurence il s'agit très précisément d'une big bande de copains musiciens qui se réunit de manière imprévisible dans le département de l'Aude pour faire danser le monde et mettre de la bonne humeur là où il y en a besoin. Comme ils adorent les chapiteaux la meilleure façon de les attirer c'est d'en dresser un comme l'a fait, malgré la tempête, la vaillante association lagrassienne Artkissonn. Et ça a marché! Samedi soir le Rambalh était là, au grand complet, avec ses cuivres tonitruants, ses chanteurs trépidants, ses chanteuses sexy, son répertoire bariolé et ses rythmes cosmopolites. Il y avait même une trapéziste pour nous rappeler que la semaine prochaine le cirque Galapiat se produira au même endroit. C'est bien là Lagrasse qu'on préfère, festive et accueillante, en espérant que ce rendez-vous de janvier deviendra vite une incontournable tradition.

Fresque réalisée pendant la durée du concert

30 décembre 2011

Le bug d'Arach

La célèbre prophétie de Maya
D'abord mes meilleurs vœux à tous et de gros poutous qui claquent aux filles. Cela dit, sans vouloir vous pourrir d'avance le réveillon et vous démobiliser pour le tourné de serviettes et la chenille qui redémarre, je me dois de vous rappeler qu'on ne finira pas l'année 2012. Pour cause de fin du monde le 21 décembre prochain. Que c'est marqué en toutes lettres dans le dernier album Maya (voir document original ci-dessus). Moi j'y croyais pas trop mais j'ai acheté le DVD du film américain "2012" et maintenant j'ai franchement la trouille. Même si la gauche revient au pouvoir, les immeubles qui s'écroulent sur les ponts d'autoroutes qui s'effondrent sur les voies ferrées qui s'écrasent sur les écoles maternelles, c'est inquiétant. Et on se demande bien si les assurances vont pouvoir rembourser correctement tout le monde. Alors vous allez me dire, "oui mais nous ici dans l'ouest de l'Aude, on a Bugarach et sa sacrée montagne qui sera épargnée". Il est exact que, selon certaines personnes dont la compétence ne peut être remise en cause, il suffira de grimper sur le pech pour garder la pêche et accueillir la famille E.T. qui nous aidera à surmonter ces fâcheuses intempéries. L'Echo des Mattes a mené une longue enquête scientifique sur le sujet: tout cela est rigoureusement VÉRIDIQUE ! Sauf que, suite à une erreur de géolocalisation dûe aux forts champs magnétiques qui détraquent les GPS, c'est Villetritouls et non pas Bugarach qui sera sauvé. Comme le confirme d'ailleurs ce document cathare inédit retrouvé dans un coffre en plomb alchimique enterré dans une crypte secrète des archives interdites de la mystérieuse cité de Carcassonne.




"...que d'après les écrits mayas le calendrier cathare (dit) que à la fin du monde de 2012 c'est Villetritouls et pas Bugarach qui sera sauvé"
traduit du latin par l'abbé Saunières

18 décembre 2011

Forgeron calme

Repas du FRJEP Fabrezan le 17 décembre 2011
(notez la ressemblance étonnante avec le tableau ci-dessous)
Salle des Fêtes (Paul Cézanne, 1891)
Fabrezan tire son nom de "fabre zen", en occitan le forgeron calme, lequel fut sans doute le premier habitant du village vers l'an 100 avant JordiCé. Fabrezan ne veut pas du tout dire "fabricant de réglisse" comme l'affirment parfois un peu hâtivement certains éthymologistes amateurs. Cela dit c'est justement hier soir à Fabrezan qu'avait lieu la vente aux enchères du fameux tableau de Cézanne "La salle des Fêtes" qui représente un souper festif à Fabrezan en décembre 1891. Comme le veut la tradition l'œuvre d'art a été baladée de nuit sur les chemins des environs avant d'être adjugée pour la somme record de 675 millions d'euros. Une partie des bénéfices servira à payer le repas et les musiciens, la plus grosse part sera reversée à la Fondation Bettencourt qui aide les photographes dans le besoin et au groupe français Dassault pour l'achat de deux avions "Rafale" qui seront repeints en rose avant d'être installés dans le jardin public du village pour le plus grand plaisir des tout-petits.

11 décembre 2011

Eulalie, Lucette et les autres


Pour renouer avec la tradition de la fête d'hiver de la sainte Eulalie, l'association Abribus Montlaur a organisé samedi à Montlaur un marché de Noël suivi d'une soirée de danses trad avec les fameux "Castanha e Vinovel" de retour d'une tournée triomphale à Marseille. Comme d'habitude les montlaurais ont été très nombreux à se précipiter au Foyer pour chercher des idées de cadeaux de fin d'année auprès des artisans d'art et des producteurs locaux. Mais heureusement cette première manifestation du genre dans le village a attiré aussi bon nombre de visiteurs venus de toute la région. Au menu tout un tas de bonnes choses: vins, bière, miel, foie gras, huîtres et autres délicatesses qu'on pouvait acheter ou simplement déguster sur place en composant sa propre assiette gourmande. Des calories qu'on pouvait ensuite éliminer dans la bonne humeur en dansant la bourrée ou la scottish aux sons de la vielle et de l'accordéon, encadrés et motivés par notre maîtresse à danser préférée, l'irremplaçable Lucette dont c'était justement l'anniversaire ce jour là!

 
 Les amis et fans de Lucette peuvent regarder la video de son anniversaire en cliquant dans l'image ci-dessus

3 décembre 2011

Cité de mémoire

la Cité de Carcassonne au soir du 3 décembre
Je préfère la Cité l'hiver, quand se sont repliés vers d'autres cités grises les cohortes de shorts adidas, crocs fluos, épées en plastoque et ice-creams dégoulinants. Je préfère la Cité au cœur de la nuit, déserte, avec ses ombres gigantesques, les chapeaux pointus de ses tours sorcières pointés vers la lune, un souvenir de la "Fiancée des Ténèbres" (1) au détour de chaque porte basse. Cette année encore pour fêter la Saint Nicolas (celui qui porte la mitre, pas la Rolex), les ruelles ont été traversées par des centaines de personnages du passé, chevaliers, soudards, clercs et gentes dames. Torches en mains, ils sont repartis par la porte d'Aude, au rythme lent des tambours, laissant les remparts s'endormir dans le silence bleu de cette longue nuit de décembre

(1) un film de Serge de Poligny sur un scenario de Gaston Bonheur (1945)

19 novembre 2011

l'Alan e lo Claudi

Alan Roch: lo rugbí es aquò que nos cal !
Le rugby est un sport qui peut se jouer à quinze contre quinze ou, mieux, à treize contre treize. Le rugby fait partie de notre culture languedocienne au même titre que les mougnettes, le tustet, le "se canta", le carignan, las castanhas, le kina karo, les rosilhos, le calendrier du Crédit Agricole et cætera (sous-titrage en pdf sur demande). Le rugby exalte les valeurs de lutte, de solidarité, l'esprit d'équipe et le respect de l'adversaire. Même moi qui suis aussi sportif qu'un platane, même moi, le rugby, c'est vrai, j'aime ça. Il n'y a aucune explication scientifique pour l'instant, mais on trouve le gène du rugby dans les cellules souches de tous les gens d'ici. C'est tout aussi estabousifiant qu'astonishing. Si j'en parle aujourd'hui c'est parce que le rugby et son incrustation profonde dans la mémoire collective et les histoires qu'on se raconte de grand-père avant-centre à petit-fils talonneur étaient au coeur des prestations récentes de deux personnages locaux hors du commun: Alan Roch et Claude Alranq. Le premier en éternel pélerin de l'occitanophonie, de salle de classe en foyer rural en passant par la prestigieuse scène de la Cité. Le deuxième en homme de théâtre accompli, généreux, débordant d'imagination et de malice, saltimbanque de génie, auteur-interprète-metteur en scène inspiré, brûlant de sa passion gourmande pour la langue d'oc qu'il n'a pas son pareil pour accomoder à la sauce piquante de Pézenas. Un grand merci messieurs, e al còp que vèn !
Docteur Al et Mister Ranq: Claudi Alranq dans Rugby Club Village
à l'Espace Culturel des Corbières (Ferrals)

11 novembre 2011

Onze puissance 4

Aujourd'hui 11 novembre, le village de Monze s'est mis en quatre pour fêter le 11/11/11 à Monze (M'11) dans l'Aude(11). Initiative réussie puisqu'il a eu la foule des grands jours pour venir déguster les vins,faire son marché local, admirer le talent des artistes invités et applaudir le modeste mais sympathique feu d'artifice. La douceur exceptionnelle apportée par le vent d'autan nous a rappelé que, s'il n'y a plus de saisons, il n'est donc jamais trop tard dans le calendrier pour oser ce genre de festivités. On a dansé la champeloise et le rondeau avec les toujours fringants MM. Castanha é Vinovèl. Les amateurs de vieux tubes revisités et martelés au rythme haletant des Castafiores ont pris ensuite le relai sous le chapiteau sous l'œil ravi (et fatigué) des organisateurs qui ne peuvent être que satisfaits du succès de leur journée. Alors, prochain rendez-vous calendaire le 12/12/12 à Douzens?

1 novembre 2011

Happy Toussaint

Heureuse Toussaint
Non je ne vous dirai pas comme les années précédentes "c'est la Toussaint la fête de tous les seins et je leur fait de gros poutous à tous, surtout ceux de…et de…". Je ne vais pas le redire parce que, à force, ça risquerait de vous lasser. Peu de gens le savent mais Toussaint vient de l'occitan "tossissent" (participe présent du verbe tossir: tousser) tout simplement parce que c'était la période où apparaissaient les premières trachéo-bronchites qu'on attrapait dans les cimetières en inhalant ce mélange d'hydrogène phosporé et de méthane qui est aussi, à la nuit tombée, à l'origine des feux follets. L'Echo des Mattes, comme beaucoup d'autres blogs scientifiques de renom, s'est largement exprimé sur ces phénomènes de cryptopyropétomanie, aussi je n'y reviendrai pas aujourd'hui. Mais la Toussaint a une autre particularité beaucoup plus intéressante pour les chasseurs de trésor: le carré de l'hypothénuse du reflet du soleil couchant du 31 octobre dans l'œil droit du chevalier de la Croix du Temple donne l'emplacement exact du trésor d'Alaric comme le montre très clairement cette photo, garantie sans aucun trucage


7 octobre 2011

Joan et Marianne

Joan Baez était jeudi soir à la salle Zinga Zanga de Béziers. Bon, ça fait quelques décennies qu'elle habite à la maison, de l'autre côté des baffles de la chaîne stéréo. Mais la voir en vrai, c'était comme un vieux rêve improbable. Personnellement, avec celle de Maria Callas, c'est certainement la voix féminine qui me bouleverse le plus. Si son copain Dylan qui, tel Rimbaud en Ethiopie, a depuis longtemps bradé poésie et créativité, Joan Baez, elle, a conservé toute sa splendeur. Simple, intelligente, combative, belle et rebelle, la même depuis toujours avec ses idéaux, ses luttes et sa manière paisible et résolue de croire en un monde qui serait harmonieux comme des accords de guitare folk. Et comme si le seul cadeau de sa présence n'était pas suffisant elle nous a offert la découverte surprise d'une filleule de scène, une jeune chanteuse locale, Marianne Aya Omac, rencontrée il y a deux ans dans les rues de Montpellier. Une autre voix d'exception, une autre personnalité rayonnante et libre, probablement au hit-parade des mois et des années à venir. The show must go on et les talents se succèdent. Juste pour sentir l'ambiance, ces deux videos médiocres volées avec une petite caméra de poche entre deux dossiers de fauteuil. Et n'oubliez surtout pas ce nom: MAO, Marianne Aya Omac

video video
(Très) mauvaises videos d'une extraordinaire soirée: Joan Baez et Marianne Aya Omac


26 septembre 2011

Lâché de fanfares


Sulfate de Cuivres à Peyriac Minervois, c'était samedi et dimanche. Pour les maheureux qui ne sont pas d'ici je répète encore une fois qu'il ne s'agit pas d'un vaste marché de bouillie bordelaise mais d'une rencontre de fanfares, la plus importante au sud de l'Europe et au nord de l'équateur. Malgré l'orage nocturne et la présence d'un commando du 37°ème régiment d'infanterie de marine dépêché sur les lieux par Humani Théâtre (encore eux, ça commence à bien faire !!) la fête battit son plein et les verres recyclables firent de même. Quelques chiffres qui laissent bouche bée: sept fanfares ont déambulé pendant deux jours dans les 5,3 kilomètres de ruelles du village pour le plus grand plaisir des 2309 spectateurs présents (20 000 selon la police) Bien sûr on salue une fois de plus le superbe travail des organisateurs, le courage des musiciens qui portent parfois des instruments en métal représentant jusqu'à 48% de leur poids (67% pour les filles) sans oublier l'implication des bénévoles qui résistent avec le sourire aux cadences infernales et aux exigences d'une clientèle pas toujours aimable. Evidemment j'ai tout filmé, la video est en cours de montage et le DVD sera disponible dans les bacs pour les fêtes de fin d'année. En attendant et en exclusivité pour vous, chers lectrices et lecteurs de l'EDM vous avez ci-dessus le trailer (trèlaïra ou tizaïra en occitan). Comme il ne dure qu'une minute vous pouvez même le regarder plusieurs fois de suite sans aucun supplément de prix. Pensez aussi à envoyer le lien à vos amis, ça fait toujours plaisir