17 novembre 2014

Le vin bio le vaut bien

Premier salon du Vin Bio à l'abbaye de Saint-Hilaire
La vente de vin des Hospices de Beaune était programmée dimanche, le même jour que le premier Salon du Vin Bio de l’Aude à l’abbaye de Saint-Hilaire. Un hasard? Non, plutôt une tentative un peu mesquine des bourguignons de concurrencer l’évènement audois, mais ça n’a pas marché. Avec plus de mille visiteurs ce premier salon joignait l’agréable à l’agréable puisque c’était à la fois l’opportunité de retrouver réunis les meilleurs crus bio locaux et l’occasion de (re)visiter l’abbaye dont chacun connaît l’importance dans l’histoire du comté et de la vicomté de Carcassonne. Et où les moines bénédictins inventèrent les premières bulles de la blanquette, la fringante aïeule du champagne, il y a plus que quatre siècles et demi. Déjà...
Moine soutenant la voûte (Abbaye de Saint-Hilaire)
Le sermon du Frère Grégoire, petit-fils du révérend Célestin Locomotive

Ajoutez à cela une organisation sans faille et un accueil chaleureux et vous comprendrez mieux pourquoi j’ai tenu, pour l’Echo des Mattes bien sûr, à goûter tous les vins.
Et même certains plusieurs fois pour être sûr de pas dire n’importe.. oui mais non... comment ça "saoûl comme un cochon"? Pas du tout, d’ailleurs je ne suis pas tombé dans l’église, j’ai pas vu la marche c’est différent! J’ai levé mon verre à ce vieux Roro (Roger 1er de Carcassonne NDLR) qui est enterré sous le robinet (sous l’autel de la chapelle de Saint-Hilaire NDLR) et après j’ai bu les paroles du frère bénédictin Grégoire qui faisait son sarment (sermon), et après on a entonné le «il est des nôtres Père» sous la vôute soutenue par un moine de la Saint Bernardin, et après on a goûté à la bénédictine, et après... En vérité je vous le dis, le vin bio le vaut bien! Et vice versa...










Addendum:
Maintenant je me rappelle: la veille au soir il y avait eu à Montlaur une soirée très sympa sur le thème des « Sixties » animée par l’ami Michel. A lèu brave monde !

5 novembre 2014

Le terriple périple

Mirepoix - la petite Burano de l'Ariège !
Tout d’abord, pour profiter des derniers chauds jours d’automne, un petit tour vers l’Ariège. Première étape Mirepoix - Mira Puech (1) - ainsi nommée parce que les habitants scrutent la montagne à longueur de journée. Le temps d’acheter à la foire un jeune cochon femelle nommée Zaza et un jean 501 neuf chez Roger Bernard de Lévis qui veut nous garder à manger. « Non Roger c’est gentil mais on est attendu pour midi chez Gaston »...

Du haut du château de Foix: ces montagnes si hautes qui m'empêchent de voir mes amours...

Arrivée à midi et quart au château de Foix. Comme il fait beau, Gaston (Fébus) a fait installer la table sur la terrasse en haut de la tour de l’Arget. Ascension difficile, l’escalier est abrupt et je n’ai plus mes jambes de vingt ans. Pendant tout le repas Gaston n’arrête pas, lui aussi,  de scruter la montagne. En rouméguant (2) «Ces montagnes sont si hautes qu’elles m’empêchent de voir où sont mes amours» s’exclame-t-il. On mange en silence la daube d’ours et la fricassée de marcassin (Gaston est un redoutable chasseur) arrosé d’un vieil armagnac qu’il tient de sa belle-famille (3). Et voilà qu’au dessert, un peu éméché, il remet ça «Abaissez-vous, ô montagnes, pour que Agnès, Béatrice, Catherine (4) etc... puissent se rapprocher de moi» Sur ce, nous entonnons un dernier « Se Canta » avant de  reprendre le chemin du retour vers les Corbières.

Les flâneries d'un passant
La nuit tombe quand nous arrivons à Lézignan, précisément au château du Grand Moulin, où nous retrouvons Claude Marti (dit Marti) et Philippe Abizanda (dit Zanda) en pleine séance de dédicace. Quand des artistes de cette qualité se rencontrent ça ne peut qu’engendrer une œuvre hors du commun: en l’occurence un merveilleux livre / CD qui conte une balade gourmande et œnologique à travers les Corbières. Michel Cano l’a enrichi de ses commentaires avisés sur les vins, ça s’appelle «les Flâneries d’un Passant » et c’est en vente libre dans toutes les bonnes maisons.
Fête de Toussaint en Montagne Noire
Cap maintenant vers la Montagne Noire, à Villardonnel exactement. Ce soir le village fête les châtaignes, le vin nouveau et l’agneau cathare. On a goûté aux trois avec délectation, on a écouté devant la poste un sympathique trio - au nom inconnu - on a vibré aux sons des bodegas (5) et admiré les flambeaux qui déambulaient à travers les ruelles
"Lettres mortes" Mylva en 1917 - Mise en scène François Viguié
Il est maintenant temps de redescendre dans la plaine, direction Ferrals et son Espace Culturel où notre amie Mylva (Compagnie Misantroupe) sort de résidence avec une ébauche de spectacle inspiré de la correspondance d’un jeune « poilu » avec sa famille gersoise de 1917 à 1918. Une ébauche prometteuse qui laisse assurément augurer du meilleur. Ça s’appelle « Lettres mortes » et ça va tourner très bientôt sur les scènes audoises. Fin du périple!

(1) Qui regarde la montagne en occitan
(2) Rouspéter (du verbe romegar, premier groupe)
(3) Son beau-père Jean II d’Armagnac (père de Béatrice)
(4) Prénoms de quelques-unes de ses épouses et maîtresses
(5) Cornemuses du Haut Languedoc (oc)

19 octobre 2014

Petit souper entre amis


C’est toujours avec un frémissement de plaisir qu’on (re)prend le chemin de Cornèze, entre vignobles et roseaux, jusqu’au Théâtre dans les Vignes. En cette fin de semaine nous avions rendez-vous non pas dans la salle mais dans la « cantine » adjacente pour une formule inédite de théâtre gourmand. Au menu un texte autobiographique* de l’excellente Elizabeth Mazev, remarquablement interprété par Bernadette Boucher accompagnée par la troupe des comédiens amateurs de la Cie Juin 88. Sur fond musical de « Maritza » et le tout mis en scène de Michèle Heydorff, la maîtresse des lieux.
Au menu encore, servie par les mêmes comédiens, une succulente soupe au potiron - qui ne fut pas sans me rappeler celles que nous concoctait Sotha, au bon vieux temps du Café de la Gare - et un dessert maison, préparé avec amour, bien entendu. De quoi se sentir bien dans ce lieu chaleureux et d’autant plus magique que cette fois, un authentique et fabuleux magicien était de la partie. Franchement, que demander de plus? (what else?)

*Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres, de Elizabeth Mazev

Au fait aviez-vous jamais vu une mante religieuse au milieu d'une toile d'araignée (athée)? Eh bien voilà qui est fait.

9 octobre 2014

Automnalités

Vendanges à Serviès en Val
« Je t'offrirai des fleurs, et des nappes en couleurs, pour ne pas qu'Octobre nous prenne » chantait Francis Cabrel, sauf que chez lui là-bas à Astaffort je sais pas, mais ici l’Octobre est plutôt aimable cette année en nous offrant une espèce d’été indien version XXL.
Octobre c'est l'effervescence des vendanges, les ballets patauds de gros pontons bleus à roulettes qui vrombissent dans les rangées de vignes comme l’aéroplane de Vedrines dans le ciel azuré des belles années 1910. Deux types suffisent, c’est rapide, c’est rentable. Finis les porteurs larges d’épaules qui courbent l’échine sous le poids de la hotte, envolées les belles vendangeuses aux joues barbouillées de raisin écrasé, oubliés les capounades, les dius a vol, les casse-croûtes qu’on partage à la pointe du couteau, adossé aux roues des bennes, les mains noircies par le carignan.
T’as raison Francis, c’est plus comme avant. C'est curieux mais ces temps-ci on dirait que tout ce qui est humain a tendance à passer de mode. L’an prochain peut-être qu'il suffira de lancer l’appli « GrapesPickin » sur son smartphone pour lâcher une armada de robots vendangeurs téléguidés par GPS. C'est ça le progrès, manhàc

Merci aux copains vignerons qui organisent encore des vendanges à la main
...et des repas sous les tonnelles!
Et maintenant un peu de théâtre dans ce monde de brutes. Ça se passe à Fabrezan le dimanche 5 en matinée.

"Casina" à Fabrezan avec l'association Vacarme
La pièce s’appelle « Casina », elle est inspirée de Plaute [qui c'est celui-là?] et jouée par la Compagnie Masks on Stage. Grâce à l’immense talent des six jeunes comédiens cette farce antique prend du rythme et des couleurs, mêlant tous les langages et usant de la pantomime et des masques dans une mise en scène endiablée qui revisite les fondamentaux du théâtre comique et c’est particulièrement réussi. Un vrai régal!


Dernier flash-back vers le 28 septembre, toujours à Fabrezan, à la jolie chapelle champêtre ND de la Consolation (!) avec deux guitaristes classiques Régis Daniel et Pierre Millan-Trescases de Agua E Vinho. Ces deux musiciens  s’entendent visiblement comme larrons en foire. Et cette complicité contribue à la perfection de leur interprétation d’un répertoire essentiellement baroque agrémenté de quelques savoureuses pièces contemporaines habilement arrangées par ce duo fort sympathique.

Kiko, musicien, comédien, poète (1962-2014)
Samedi soir dernier Christophe Delmont (Kiko) s'en est allé jouer du banjo vers d'autres cieux. Ils ont de la chance dans l'au-delà, il va leur raconter des belles histoires, leur chanter des trucs marrants, les faire danser et tout... Mais nous, sans lui, c'est sûr que ça va être moins bien...