15 juillet 2014

Fêt Nat


Le bal du 14 juillet à Lagrasse (Aude) existe depuis le tout début du XV° siècle comme en témoigne cette illustration de l’an 1401 extraite des archives secrètes de l’abbaye. Mais ce n’est qu’en 1515 qu’il a été avancé au 13 juillet au soir et accompagné d’un feu d’artifice tiré depuis le Pont Vieux.
Lagrasse au soir du 13 juillet
Cette année encore près d’un demi-million de personnes venues de tous horizons, représentants toutes les ethnies, tous les courants politiques et toutes les classes sociales se sont pressées sur le Pont Neuf pour assister au spectacle toujours aussi grandiose et danser ensuite la valse sous les lampions multicolores généreusement fournis par la municipalité

La Cité s'embrase
Presque autant de monde à Carcassonne pour le traditionnel « embrasement » de la Cité organisé - et financé - par un riche industriel de la rue du Moulin d’Autan qui tient à conserver l’anonymat. Merci à lui de nous avoir invités sur sa terrasse pour contempler cet éblouissant évènement

24 juin 2014

Solstice en Saint Jean majeur

21 juin. Total Festum à Montlaur: de cava en tina et baléti sous les étoiles

Les fans de fanfares vous le diront sans fard: il y a fanfare et fanfare. Celle de Coursan, baptisée Rambal et Sagan est un modèle du genre. Une banda multigénérationnelle de vaillants musiciens à la chemisette fleurie et à la bonne humeur contagieuse. C’est toujours un vrai bonheur de les accueillir d’autant que leur répertoire est immense et leur énergie inépuisable.
Desservi par un mystérieux problème technique qui l’a contraint de quitter la scène pour venir jouer en acoustique au milieu des danseurs, l’excellent groupe Brick a Drac n’a pas démerité pour autant et a animé un balèti court mais intense qui a réuni dans un même élan aficionados et débutants, gens de passage et autochtones.

San Joan, son mouton et son pistolet à eau
Autrefois j’ai bien connu Saint Jean le baptiste dont on fête le soi-disant anniversaire en ce jour de solstice. C’était un type un peu bizarre. Une sorte de marginal, toujours là avec son mouton sur les genoux, son pistolet à eau du Jourdain à la main… Parfois il fallait hausser le ton : « arrête Jeannot tu nous as déjà baptisés douze fois aujourd’hui, on est trempés comme des canards, ça suffit maintenant »
Et dès qu’on faisait une grillade il voulait absolument sauter par-dessus le feu, au risque de renverser les saucisses. Un mec gentil, oui, mais spécial…
C’est pourtant à lui que les musiciens doivent le SI de la gamme (initiales de Sancte Iohannès via Guido d'Arezzo X° siècle) car avant on passait directement du la au do mais bien sûr c'était beaucoup moins bien qu'avec des si
Le Total Festum en Val de Danha a pris fin au soir du 24 à Arquettes-en-Val avec un sympathique repas à peine troublé par l'orage. Nous y avons salué la présence de Cabr'e Can, un trio du Haut-Gard qui nous a apporté toute une palette de ses créations chorégraphiques originales. Merci à notre Région et à tous les bénévoles qui se sont décarcassés pour œuvrer à la réussite de ce mois de juin occitan et festif. Mais l’été ne fait que commencer et le calendrier des réjouissances à venir est aussi chargé que prometteur. A lèu dans l'Echo !

Total Festum à Arquettes-en-Val

16 juin 2014

Festum partout

Le Total Festum continue de battre son plein dans notre Val qui vient d’être classé « plus beau territoire du monde » par un jury parfaitement objectif (que j’ai eu l’honneur de présider).
Jeudi c’était Serviès-en-Val qui accueillait les musiciens de Fresquel et les théâtreux de Fabrezan dans "Fabrezanejades", une bien jolie pièce en langue d’oc menée avec entrain par des amateurs passionnés et convaincants. Du beau travail longuement applaudi!

  Samedi retour sur les côteaux sud du Val, à Taurize très précisément, un village bien sympathique (même s’il n’a pas le charme et l’aura de son prestigieux voisin: Villetritouls. NDLA) Après-midi boulistique et ponctuée de chants avec les Fifrelets, tandis que la soirée accueillait avec la joie et la dévotion qui sied à leur notoriété les deux compères de Castanha e Vinovel, les plus grandes stars vivantes du balèti, pour une longue suite de danses trad sous les lampions. A noter la participation de nombreux jeunes qui annoncent peut-être un regain d’intêrêt pour des danses joyeuses et conviviales. Car comme l'a prédit le grand Nostradamus le 14 juin 1564 à Cambouras: « Tempus erit, quo in loco referta ipope et branlou ad delere techno (XII, 124)» ce qui veut dire "Un jour viendra où la bourrée remplacera le hip-hop et le branlou la techno". Hugh!


10 juin 2014

Que ferez-vous aux temps chauds?

Vendredi soir 6 juin c’est à l’église de Serviès en Val qu’il fallait être, non pas tant pour accomplir ses dévotions habituelles que pour écouter un concert exceptionnel concocté par Carcassonne Agglo avec le grand orchestre à cordes de la Fabrique des Arts de Carcassonne. Ces élèves virtuoses du Conservatoire étaient accompagnés des chanteurs du Variety Gospel de Trèbes pour un répertoire éclectique associant Mozart et soul music, le tout sous la direction éclairée de Stéphane Lhuillier. Un  beau cadeau musical qui inaugure une saison d’été riche en manifestations culturelles et festives. A retrouver bien sûr en images dans les prochains Echos.


Et voilà c’est parti pour la cuvée 2014 du Total Festum en Val de Dagne! En ce dimanche de Pentecôte apparurent au-dessus du village de Villetritouls des langues de feu parmi lesquelles nous distinguâmes la langue d’oc. On fit alors appel aux musiciens de Zinga Zanga et au grand Maître de Baléti, l'ami Michel Mondon, pour célébrer l’évènement par des danses rituelles parmi lesquelles vous reconnaîtrez le branlou, le cercle circassien, la bourrée et j’en passe. La fête et le repas (taulejada comme on dit chez nous) se poursuivirent jusque tard dans la nuit. Et depuis il fait beau et chaud, comme quoi…

23 mai 2014

Ces jours bleus...

Cornèze le 22 mai: Serge Pey, poète d'action
Serge Pey raconte que le dernier vers d’Antonio Machado, griffonné sur un bout de papier froissé, retrouvé dans sa poche était le suivant : « Estos días azules y este sol de la infancia »,« Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance »… Serge Pey raconte et marche de Toulouse à Collioure, vers la tombe du poète, mort d’épuisement dans l'exode de la retirada. Jeudi, Serge Pey a fait escale au Théâtre dans les Vignes de Cornèze pour y offrir un bâton de poésie à Claude Marti et Mans de Breish. C’était un grand soir d’orage, de poésie, de lutte contre l’oubli, contre la barbarie, un instant de fraternité. Des soirées comme on aime, où on écoute, où on chante où on mange et boit ensemble jusque tard dans la nuit. Encore mille fois merci à Michèle et Pierre Heydorff pour ces moments précieux au creux de leur oasis de culture et d’humanité, perdu sous les étoiles de la Malepère, la negra montanha del lop (dixit Claude Marti)

Mans de Breish, Serge Pey, Claude Marti

  Bonus: micro-video (2 minutes)

18 mai 2014

En mai fais ce qu'il me plaît

De rouge et d'or
Vaqui vengut lo mes de mai, que tot galant planta son mai dit la chanson. De tous les mois celui de mai est sans doute le plus beau, je ne dis pas ça parce que j’y suis né, encore que… le beau engendre le beau, disait en substance le père Platon. Dans les Corbières la nature au mois de mai exalte les couleurs du Languedoc, le rouge des coquelicots et le jaune des genêts, lo genest et la rosèla. Et c’est surtout le temps des cerises - qui est bien court comme chacun sait.

Ruines de Saint-Michel de Nahuze
Raison de plus pour grimper sur l’Alaric, notre montagne sacrée valdagnaise, à Saint Michel de Nahuze très exactement, pour rendre visite au comte de Flandre et à ses troupes spécialisées dans la lutte anti-sarrasins dont le sang séché rougit encore les talus des Ilhes. Las, le vent je crois les a ôtés depuis belle lurette. Même pas le moindre moinillon pour t'accueillir à l’arrivée. Envolées les cendres de saint Laurent, disparues l'hémoglobine de saint Etienne et la dent de sainte Colombe! Le prieuré fondé par Charlemagne himself aurait besoin d’un sacré ravalement même si l’état de ruine lui sied à merveille avec ses belles arcades romanes enchassées les unes dans les autres, battues par les vents, décor oublié d'un film jamais tourné...
Opéra pour sèche-cheveux par Blizzard Concept, deux enfants de la balle
Samedi 17: revenons à l'Espace Culturel de Ferrals pour une soirée encore exceptionnelle avec Blizzard Concept, deux jeunes qui dépensent tout leur argent dans les rayons électro-ménager à acheter tout ce qui souffle et qui aspire. Tapis au milieu des ces engins, leur vie se trouve donc peuplée de tas de balles qui volent, de ballons qui virevoltent dans une chorégraphie de courants d’air dont ils sont tour à tour les maîtres et les victimes au milieu d’un enchevêtrement de rallonges et de prises multiples qui finit par les précipiter vers un inquiétant pétage de plombs avec une carabine du même nom. Vous me suivez? Non? Alors allez vite les voir, c’est plein d’idées cocasses et déjantées comme on les aime.

Pour finir cette photo de « chemtrails » (quimralh en occitan) prise au petit déjeuner par la fenêtre de la cuisine. Trou-blanc n’est-il pas?

13 avril 2014

Un tas d'histoires


De retour d’une triomphale tournée à Barcelona (Catalunya), l’Echo des Mattes en a rapporté quelques images pieuses, mais pas que, comme on dit à cette époque où l’œuf et la poule abondamment chocolatés s’affichent dans n’importe quel ordre aux vitrines des confiseurs.

Subjugué par cette pièce au point
d'en avoir "oublié" de prendre des photos
Mais revenons-en au sujet principal: le spectacle vivant comme on l’aime ici. Très bonne pioche en cette fin de semaine avec une soirée remarquable samedi à l’Espace Culturel des Corbières de Ferrals où la compagnie parisienne « Mises en Capsules » présentait « le Porteur d’Histoire ». Un récit fabuleux où l’Histoire s’éparpille en une suite d’histoires où il est question de trésors, de cimetières, de sahara et de mystérieuses bibliothèques. On y voit cinq comédiens époustouflants incarnant une foultitude de personnages qui vont et viennent dans le temps et l’espace par la grace d’une scénographie chorégraphiée avec une minutie horlogère et une économie de moyens déconcertante. Le très beau texte de Alexis Michalik est sublimé par sa mise en scène haletante qui offre le rythme et la précision d’un montage cinématographique avec ses flashes-back, ses fondus enchaînés et ses effets numériques faits maison (ah, l’avion qui décolle!…) Aussi si je vous dis que c’était la dernière représentation de ce chef-d’œuvre, je crains que les larmes ne vous montent aux yeux pour avoir manqué un tel évènement. Alors vite un conseil: ne ratez pas les prochaines créations de cette compagnie surdouée en consultant leur programmation sur leurs site (cf plus haut)

Pinocchio par les Philosophes Barbares, présenté par l'ATP de l'Aude
Dans un tout autre registre, une autre bonne surprise ce dimanche en matinée au Theâtre Jean Alary de Carcassonne avec une très jolie adaptation de « Pinocchio » pour les enfants - mais pas seulement - par les « Philosophes Barbares », une compagnie audoise qui gagne à être (encore plus) connue. Là encore les quatre comédiens passent d’un personnage à l’autre avec une aisance étonnante, que ce soit par le jeu corporel ou par le biais de marionnettes très réussies. Un beau dimanche pour la saison et que vive le spectacle!

19 mars 2014

Quand on est deux amis

Gianfranco Buffa et Claude Marti à Carcassonne (théâtre Jean Alary)
....où l'on put voir aussi Gérard Pansanel jouant de 2 guitares à la fois !
Soirée entre amis hier mardi au théâtre Jean Alary de Carcassonne. Au menu: des spécialités franco-italiennes, mescladis de langues sauce piquante à la méditerranéenne. Des langues belles qui semblent destinées depuis toujours à être chantées tout autant que parlées. Des langues sœurs, qui exaltent le courage et le partage. Aux fourneaux: deux amis de longue date, à ma gauche Gianfranco Buffa, le plus montpelliérain des siciliens, à ma droite Claude Marti l’occitan de Couffoulens, co-prince faydit d’Aragon. Un match amical Marsala-Marselan en quelque sorte… Les deux compères s’échangent les chansons comme on se passe les plats: « goûte celle-là, tu m’en diras des nouvelles ». Autour de la table de nombreux invités de marque parmi lesquels Trénet, Brassens, J.B. Clément, Kessel et j'en passe... Chacun a apporté un petit quelque chose: des fruits de mer, des cerises, du vin rouge, du riz du Piémont… Le tout servi avec élégance par les maîtres queux Pansanel, Peyras, Simon et leurs instruments.  Evidemment le public fut chaleureusement convié à s’en mettre plein la lampe, ce que nous fîmes avec délectation. C’était même tellement bon qu’on en reprendrait bien un peu plus…

Samedi dernier à Montséret, la Compagnie Quiproquo présentait la première de « Accalmies passagères», une pièce de Xavier Daugreilh. Le talent des cinq comédiens et la mise en scène enjouée de Isabelle Legendre devraient sans nul doute assurer succès et longue vie à ce spectacle